Loin de toute mégalomanie, je ne suis ni un Aragorn, ni même un Gandalf de l'Education Nationale. Sans quoi je conserverai précieusement l'Anneau Unique pour les gouverner tous... Mais je m'égare, et pourquoi donc suis-je resté silencieux depuis le 7 mars ?
Non je n'ai pas eu la grippe, non je ne me suis pas mis en arrêt de travail abusif et de complaisance. Nous somme simplement dans une période charnière dans les établissements scolaires : la fin de trimestre. Qui suppose conseils de classe, premières perspectives d'orientation pour les élèves. C'est aussi le retour des beaux jours. Qui suppose le réveil de l'inventivité des élèves dans toutes leurs activités extra-scolaires. Et donc le CPE travaille là-dessus : faire la chasse aux boules puantes, débusquer le propriétaire d'un pistolet à billes (un gun à billes comme disent les élèves), apprendre à des parents que l'on vient de con fisquer à leur fille un paquet de cigarettes ( et oui, elle fume...), bref ce ne sont que trois exemples qui valent pourtant leur pesant de temps. Pour l'anecdote, l'histoire des boules puantes, c'est trois heures grillées dans la journée. Le gun à billes, c'est deux heures.
Parallèlement à ça, un CPE peut aussi, s'il le souhaite, s'investir sur le plan de la formation. C'est mon cas, j'interviens à l'IUFM dans le cadre de la préparation au concours CPE (les CPE1) et du suivi des CPE stagiaires (ceux qui ont déjà le concours, les CPE2). J'ai donc cette semaine trituré les candidats en vue des épreuves orales du concours : quelles sont pour vous les valeurs du service public d'Education ? Le CPE est-il un pédagogue ou un éducateur ? Pensez-vous que l'on puisse réformer le système éducatif en France ? Avouons que l'on est loin des boules puantes et du gun à billes, mais c'est précisément le charme de mon métier : faire le grand écart entre la pratique de terrain (souvent très terre à terre) et une réflexion assez avancée sur cette pratique de terrain.